
Plus personne ne peut l’ignorer tant l’information a été couverte, diffusée et débattue : les finances publiques de l’Etat sont en très mauvaise santé. Deux chiffres seulement :
• Celui de notre déficit public, qui a atteint 138 Milliards d’euros, soit 7,9 % du PIB en 2009
• Celui de notre endettement, qui atteint actuellement 1489 Milliards d’euros soit 77 % du PIB.
Qui se souvient encore que la France s’était engagée en signant le traité de Maastricht à ne pas dépasser 3% du PIB en matière de déficit public et 60 % du même PIB en matière d’endettement public ? Personne et ce n’est pas bon signe lorsque notre pays fait peu de cas de sa parole donnée et, plus fondamentalement, comment en sommes-nous arrivés là ?
D’abord, en prenant de mauvaises habitudes de vie « à crédit » depuis 1981 et ceci quelques soient les gouvernements de gauche, du centre ou de droite (pour être honnête, à l’exception de quelques gouvernements vertueux, notamment celui de Chirac de 86 à 88)
Ensuite, en subissant de plein fouet les effets de la crise actuelle – la crise la plus violente de l’après-guerre – qui a fait dévisser brutalement les recettes fiscales de l’Etat en même temps que l’argent public servait d’amortisseur de crise (plan de relance...)
Or, nous sommes désormais de plein pied dans la mondialisation et la mauvaise santé financière de la France se paye « comptant » en renchérissement du coût d’emprunt (et donc tout simplement du financement de l’Etat Français, la paye de nos fonctionnaires d’Etat au mois le mois…)
Bref, la rigueur est inévitable et tout de suite… Et, il est bon que le Premier Ministre ait parlé vrai en appelant rigueur, ce qui n’était vraiment pas « la cueillette des olives en Basse Provence » pour reprendre le bon mot de Jean-François Copé.
Soyons francs. Il y aura donc des coupes dans des endroits où l’argent public était utile. Je pense notamment à ce remplacement d’un seul fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Les postes non pourvus de policiers, d’instituteurs, d’infirmières feront mal, surtout en milieu rural. Mais, je comprends que dans ce domaine ultra-sensible, en tant de crise, on puisse appliquer la même règle à chaque ministère.
Mais pour le reste des dépenses et des recettes, où va-t-on faire les économies ? Qui va payer ? Le grand débat se résume à ces deux grandes questions.
Affirmons d’abord qu’il s’agit d’un débat public, citoyen qui ne doit être confisqué, ni par les experts, ni par la classe politique… et c’est pourquoi je suis heureux d’ouvrir ce débat avec vous par l’intermédiaire de ce blog.
Où va-t-on faire les économies ? Et bien ce débat a du bon. Il nous oblige à remettre en question des dépenses reconduites annuellement sans se poser beaucoup de questions sur leur opportunité, que ce soit au niveau de l’Etat ou des collectivités locales, elles aussi entrainées mécaniquement dans la rigueur par le gel des subventions d’Etat.
800 000 €, la garden party de l’Elysée pour 8 000 invités (soit 100 € par invité) ? On garde ou on ne garde pas ? Je crois que le Président a eu raison de supprimer cette dépense. 17 000€ le feu d’artifice du 14 Juillet à Agen pour 15 000 personnes (soit 1,1€ par spectateur)? On garde ou on ne garde pas ? Je crois que nous avons eu raison de continuer à financer ce spectacle.
Bref, cet exercice en vrai grandeur de Budget base zéro, le fameux BBZ des comptables a du bon. François Fillon espère 10 Milliards d’euros d’économies. C’est beaucoup d’argent. C’est peu par rapport à nos 138 Milliards de déficit.
Il nous faudra passer à la deuxième question. Qui va payer ? Ou comment augmenter les recettes? Pour parler clair, comment augmenter les impôts.
Enfin, le gouvernement se résout à diminuer les fameuses niches fiscales, comme nous le réclamions depuis le début du mandat. Très bien. Est-ce pour cela l’unique et bonne manière pour augmenter les recettes en temps de crise? Je ne le pense pas et ceci pour deux raisons :
1- Réduire les niches fiscales, c’est augmenter les recettes, c'est-à-dire augmenter les impôts. Alors, je sais bien qu’on touche là un point sensible au niveau politique et que le Président s’était engagé à ne pas les augmenter. Mais, mes amis, la crise a radicalement changé le décor et les Français, y compris l’électorat de droite et du centre, le comprennent bien. Bref, si on doit augmenter les impôts, pourquoi s’en tenir aux niches fiscales et ne pas inclure dans la réflexion, les grands impôts transversaux que sont la TVA, l’IRPP… et surtout la CSG.
2- Les niches fiscales, comme on les définit de manière un peu péjorative, ce sont des politiques sectorielles (culture, DOM-TOM, famille, etc.….) pour lesquelles on a utilisé le levier que représentent des exonérations fiscales. Sommes-nous sûrs qu’il faille défaire chacune de ces politiques sectorielles ? ce dont je suis sûr, c’est que je me suis fait sacrément « engueulé », y compris à la maison, après les déclarations du Président, citant comme mesures d’économies sectorielles celles faites sur les handicapés et sur l’APL des étudiants…
Bref, vous l’aurez compris, je plaide pour une hausse des impôts qui passe par un bon coup de rabot sur nos niches fiscales, mais qui fasse aussi appel à une hausse modérée de l’impôt le plus juste parce que proportionnel aux revenus et concernant tous les revenus, à, savoir la CSG.
Et vous ? Qu’en pensez-vous ? Exprimez-vous !!! Encore une fois, nous aurions tort de prendre ce débat en franchouillards râleurs… OK, la rigueur est une potion douloureuse, mais au moins qu’elle soit efficace et juste ! Et pour cela, on a besoin d’un grand débat public. Ce débat… c’est « lou grand truc » comme on dit chez nous. Ne le manquez pas !
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Amitiés,